Les rites forestiers.

L'esprit des forêts - la forêt de Chaux - les vieux métiers


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 Beltaine, la fête du feu

Bûche de Passage de notre Soeur A.G en vue de  son admission à la Gorsedd (assemblée bardique) de la Forêt de Chaux.

 

 

 La Wicca: une forme de druidisme contemporain

La Wicca ou wiccanisme est un mouvement religieux fondé sur l'ancienne religion païenne d'occident. Elle est apparue au début du XXème siècle et a été structurée dans les années 50 par Gérald Gardner qui apparaît désormais comme une référence et un fondateur. Selon l'institut américain "Study of American Religion", la Wicca est la religion qui connaît la plus forte croissance. Il s'agit d'une religion païenne qui prône un culte de la nature et un retour aux spiritualités pré-chrétiennes : chamanisme, druidisme , mythologies celtique, nordique, slave et gréco-romaine. Tout ce qui a fait l'Occident avant l'arrivée des religions orientales. Le terme "Wicca" aurait été créé par Gardner à partir du vieil anglais "viccacraft" d'où provient le terme actuel "witchcraft" (sorcellerie). "Wicca" est le mot masculin pour "sorcier", le féminin étant "wicce" (witch en anglais moderne) et le pluriel "wiccan". Ces mots dérivent du verbe "wiccian" qui signifie "ensorceler, pratiquer la magie". Pour Gardner, wicca à l'origine a le sens "de science des sages". Sa thèse fut soutenue par l'ethnologue Margaret Murray qui écrivit le chapitre sur la sorcellerie dans l'édition de l'Encyclopédia Britannica de 1957 , où elle précise que la signification du nom "sorcière" (witch) est liée à celle du mot "savoir" (wit). Ceci est renforcé par l'analyse du mot "wizard" (étymologiquement "celui qui sait") qui a donné en anglais le mot "sorcier". On y retrouve la racine wys/wis qui veut dire "sage" qui est également dans l'allemand "wissen' (savoir). Dans l'étymologie du mot "druide" on retrouve ce "wis" dans "dru wis" (druide), le Très Sage ou Très Savant. La Wicca est donc la religion païenne pré-chrétienne occidentale (nord de l'Europe) qui survécut clandestinement durant tout le Moyen Age. C'est cette survivance que l'on va retrouver en forêt pratiquée par les guérisseurs, rebouteux et les tristement nommées "sorcières" alors que les mots anglais "witch" et "wizard" traduisent  davantage l'idée de "sage" et le lien avec les druides. La Wicca a déjà aujourd'hui pris plusieurs formes et différents courants s'opposent. Certains sont principalement axés sur la sorcellerie. D'autres se revendiquent ouvertement druidiques. Je rappelle souvent dans ces pages, que les spécialistes incontestés que sont les universitaires Françoise Leroux et Christian Guyonvarc'h ont insisté sur le fait qu'aucune société néodruidique actuelle, de Gaule, d'Irlande ou d'ailleurs ne peut honnêtement se revendiquer héritère des druides. Hormis les apports archéologiques et les mythes celtiques (pour la plupart réécrits beaucoup plus récemment), nous disposons de peu de choses pour remettre en oeuvre une spiritualité druidique. Les Rites Forestiers qui sont le socle de notre pratique nous en donnent une forme d'inspiration compagnonnique  issue des vieux métiers. Cette approche est validée par le Grand Druide Gwenc'hlan Le Scouëzec qui declare dans son ouvrage "La Résurgence des Rites Forestiers", qu'ils sont pour lui la forme la plus tangible de pratiques druidiques. Enfin, les espaces explorés par la Wicca, notamment dans la survivance médiévale des pratiques païennes, sont une piste qu'on ne doit pas négliger si l'on veut approcher un peu plus la spiritualité des druides. Je vous conseille les ouvrages de Scott Cunnigham (voir ci-contre) qui s'inscrit essentiellement dans cet héritage druidique de la Wicca.

image d'après documentaion personnelle

couverture du CD AUDIO  de Scott CUNNIGHAM

ADA AUDIO Editeur 2013

ce texte existe aussi en livre broché

 

 

 

 

 

 La pratique du jeûne dans l'initiation druidique (spécial Ovate)

Bien que présent dans la plupart des démarches spirituelles, le jeûne n'est guère apprécié des occidentaux. Toutes les traditions spirituelles accordent une place prépondérante au jeûne comme moyen d'élévation. Je me souviens qu'en tant que candidat aux initiations martinistes, nous devions nous présenter à jeun. Les initiations ne devant se faire qu'à la lune montante, ce qui n'est pas à négliger pour des initiations druidiques et chamaniques, se voulant en phase avec la nature. On voit ici qu'il y a d'autres paramètres à prendre en compte que la simple participation passive à un rituel. Il est probable que de privilégier uniquement l'intellect dans l'usage de nos pratiques nous fait passer à côté d'un pan de leur efficacité. Il convient de ne négliger aucune entrée de la voie druidique, sachant qu'il ne saurait y avoir de contrainte mais plutôt un appel, un désir. C'est parfois nécessaire pour franchir une étape, sortir d'une impasse bloquant notre progression.   Ainsi la pratique du jeûne, pour celui qui se sent à même de l'expérimenter et de se l'approprier, s'intègre sans nul doute dans les formes de l'initiation traditionnelle, telle qu'elle se pratique encore aujourd'hui dans le chamanisme et telle que devait la pratiquer les anciens druides. Comme en beaucoup de situations sur ce site, là où les druides ne nous ont pas laissé d'indications précises, nous nous inspirerons des pratiques  chamaniques. J'ai utilisé pour cela le remarquable ouvrage de Lisa Biritz intitulé "Le jeûne chamanique, une méthode spirituelle ancestrale..." (Editions VEGA, 2015). Lisa Biritz a été initiée au chamanisme amérindien de la Roue de Médecine par "l'homme-medecine" Sun Bear descendant de la tribu des indiens algonquins Ojibwa. Elle propose une approche extrêment simple et douce, bien connu de nos jours qui correspond à ce qu'on appelle le  "jeûne séquentiel". Je cite Lisa Biritz p.23 de son livre : " L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a reconnu officiellement en 1980, l'efficacité des méthodes de guérison chamaniques pour un état global sain et équilibé de la personne humaine." Nul doute que le jeûne séquentiel combiné à la marche médicinale (voir article ci-dessous) seront des pratiques fécondes sur la voie du druide.

 

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 Le rituel de l'arbre planté

Comme toute entrée en rituel chamanique, commencez par vous présenter comme vous le sentez (nom, prénom, votre nomen celtique si vous en avez un). Ensuite formulez votre demande si vous en avez une car tout rituel est une prière; celà peut être aussi de la gratitude, un remerciement tel un ex-voto. En tant que Mabinog, l'entrée en matière vous est familière car il s'agit d'utiliser votre "grand signe" dit du "vieux sage". Il évoque les branches de l'arbre tendues vers le ciel, et comme si on embrassait la connaissance, la ramener vers soi, en soi. Le travail de base du chamane repose intensément sur le développement de notre réceptivité. Comme nous l'avons déjà évoqué dans d'autres articles, la mise en oeuvre des cinq sens est primordiale. "Le corps et l'âme ne sont pas différents. Le corps est cette partie de l'âme qui est accessible à travers les cinq sens" disait le poête et druide William Blake. Un rituel se déroule toujours "hors du temps", il est la réactivation d'un espace/temps intemporel. Le rituel de l'arbre planté est parfaitement décrit dans le livre remarquable d'Hélène Petit-Pillie "Accéder à son intériorité" * (voir ci-dessous). Elle utilise entre-autres, les précieux travaux du docteur Roger Vittoz et sa méthode des actes conscients. Je paraphrase ci-dessous quelques-uns de ses commentaires et vous renvoie vivement à son livre afin d'approfondir ce travail spirituel. Le rituel de l'arbre planté nous relie au grand livre de la nature. Il s'agit d'y puiser ses enseignements. Le premier temps sera toujours un temps de réceptivité. D'abord sur le plan de la proprioception (sensation de son corps les pieds plantés au sol - divin pieds-nus dans la rosée ! Sentir l'équilibre, notre assise au sol, notre axe vertical, les sensations de chaque membre... Puis sur le plan sensoriel, sentons la température de l'air, les couleurs, les sons des oiseaux, du vent, l'activité humaine à proximité...Le second temps sera celui de l'émissivité. C'est une forme de méditation dirigée dnas laquelle nous construisons l'image mentale d'être un arbre: de nos pieds sortent des racines qui s'enfoncent dans la terre, qui se fraient un passage jusqu'à ce qu'elles puisent leurs nourritures bénéfiques: eau, sels minéraux,... Puis sentir cette sève remonter le long de nos jambes et irriguer toutes les cellules de notre corps. Ensuite visualiser vos bras, votre tête, vos cheveux comme des branches souples, bercées par le vent, recevant le soleil, la pluie, la rosée... L'Esprit des Forêt murmure à vos oreilles. Les oiseaux, les écureuils circulent délicatement sur votre tronc et vous délivrent leurs messages..".Etre comme l'arbre dans cet accueil des éléments et dans ce don à l'instant présent; percevoir à la fois sa force, sa vitalité, sa puissance, et en même temps son abandon offert au vent, au soleil, à la pluie, à la vie qui le parcourt, s'en nourrir jusqu'au bout des doigts et de chacune de nos cellules. " ( déjà cité p.64).

* "Accéder à son intériorité, la méthode Vittoz, un outil de transformation sur le chemin spirituel" - Hélène Petit-Pillie, Editions Chronique Sociale, 2012.

 

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