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Image EdF d'après documentation personnelle Un article en 8 pages sur le Combat des Arbres dans la tittérature celtique par Mor Beg Hir |
S’il y a bien une image qui hante la littérature britannique depuis plus de mille ans c’est celle de la forêt qui se lève et marche et part au combat. C'est un fil conducteur de la littérature celtique et peut ainsi etre retenu comme un marqueur réel sur lequel s'appuyer. On y perçoit l'authentique vision de l'arbre assez éloignée du cocooning qu'en propose la sylvothérapie contemporaine. Je ne suis pas sûr que la relation appropriée fut alors de prendre l'arbre dans ses bras etde lui faire des câlins ? Les Celtes nous auraient pris probablement pour des cinglés et surtout pour manquer de respect à cet arbre qui est un guerrier, un être à part entière entre les hommes et les dieux. Nous retrouvons cette vision des arbres dans trois textes fondamentaux qui traversent la littérature celtique jusqu'au XXème Siècle: Le même rêve revient depuis 1500 ans : et si la forêt se levait ? 1. Dans le Cad Goddeu gallois, c'est la magie originelle. Le druide Gwydion ne crée pas une armée, il la réveille. Les arbres sont déjà vivants, déjà alliés. Ils combattent aux côtés des hommes parce que, dans le monde celte, l'arbre est un être, un ancêtre, une lettre de l'alphabet sacré. La victoire tient à un nom deviné dans une branche d'aulne. 2. Dans Macbeth, c'est l'illusion. Shakespeare reprend le mythe mais le vide de son merveilleux. Birnam ne marche pas : des soldats se cachent sous des branches. La prophétie s'accomplit par une ruse. La forêt est réduite à un déguisement. Toutefois c’est bien le réveil du mythe qui lui apporte la victoire. 3. Dans Le Seigneur des Anneaux, c'est la revanche. Écœuré depuis l'école par ce qu'il appelait le "shabby use" (usage miteux) de Shakespeare, Tolkien rend aux arbres leur colère. Ses Ents (voir ce mot dans le PDF) ne sont pas enchantés, ils ne sont pas déguisés : ce sont les bergers millénaires du monde, qui ont décidé que leur patience était à bout. De Taliesin à Tolkien en passant par Shakespeare, l'histoire est donc la même, mais inversée : d'abord les arbres sont des dieux, puis des costumes, puis enfin des géants qui se vengent. C'est toute l'écologie du mythe celte : on peut un temps porter la forêt comme un masque. Un jour, c'est elle qui nous portera au jugement.
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