Les rites forestiers.

L'esprit des forêts - la forêt de Chaux - les vieux métiers

 La Tour de Yule (symbolisme)

Une analyse de la Tour de Yule à dejà été présentée sur ce site à l'occasion d'une précédente fête du solstice d'hiver. Yule signifie simplement en vieux norois "solstice d'hiver". A cette occasion on allume une lanterne souvent en terre cuite, ajourée afin de laisser passer la lumière. Une lanterne comme disposée sur le schéma ci-contre a le même symbolisme. Au solstice d'hiver, la lumière du soleil est a son plus faible éclat de son trajet cosmique annuel. Il y a une correspondance entre le cycle de la Nature et notre psyche. A certaine saison de notre âme la lumière est aussi très faible. Il nous revient alors de la sauvegarder, comme dans le film "La Guerre du Feu",  afin de lui redonner force et vigueur au plus tôt. Le schéma ci-contre représente très sommairement la Roue de l'Année . 4 constellations de la Petite Ours marquent les temps des solstices et des équinoxes. Normalement l'Etoile Polaire devrait atteindre le centre à la place de la lanterne. Cette Etoile Polaire marque le centre de notre galaxie et s'impose comme le moyeu de la roue. Son nom de "Polaire" renvoie à l'ours, "arctus" en celtique, qui signifie à la fois l'ours et le roi d'où le Roi Arthur. L'ours est donc l'attribut de la royauté celtique. Entre les quatre branches de la croix solstices/equinoxes se placent les 4 saisons celtques avec les 4 fêtes ou 4 temps: Imbolc, Beltaine, Lugnasad et Samain. J'ai choisi d'llustrer ces quatre temps par quatre symboles mais il y aurait bien d'autres possibilités. Le Bélier pour Imbolc en lien avec le signe zodiacal correspondant à l'énergie du printemps Mais également en lien avec ce temps dit de la lactation (la brebis) très présent dans le symbolisme d'imbolc. En second, un plein soleil pour Beltaine. Il s'agit bien ici d'un culte païen solaire, l'histoire du soleil au cours de l'année, de sa naissance à Noël (ce mot "noël" voulant  d'ailleurs dire "nouvel helios = nouveau soleil", à sa croissance, à son apogée comme ici à Beltaine, puis de sa décroissance et sa "presque mort" au solstice d'hiver. J'ai marqué le temps suivant de Lugnasad par une corne d'abondance caractérisant le temps des récoltes de l'année. Enfin, le dernier temps de l'année avec Samain, ce temps de la saison sombre, où le soleil s'amenuise au risque de disparaître, temps où on pense que le monde s'endormissant se rapproche de celui des morts. Saturne avec sa faux et tenant une lanterne illustre bien ces propos (symbolisme d'Halloween). . Nous sommes d'évidence en présence d'un culte solaire tout à fait normal pour des païens. Le dieu principal en est le soleil: Sol Invictus, religion qui a disputé la suprématie au christianisme. Le placement de la date de la naissance du Christ au solstice d'hiver répond à cette nécessité de supplanter le Sol Invictus.  Au solstice d'hiver naît le nouveau soleil, l'enfant soleil. Chez les Celtes, il s'agit du dieu Mabon, ou Maponos en Gaulois. Ce mot veut dire "l'enfant". L'enfant Jésus dans son berceau dont la paille  sur laquelle il repose lui fait comme une couronne solaire. La Crèche s'impose d'évidence. C'est le nom donné à une constellation dans le ciel. En hiver, le soleil se situe  entre la constellation du Lion et celle de la Vierge. Selon l'Evangile, Joseph est de la lignée du Roi David dont l'emblême de la tribu est un lion. Ainsi dans les représentations médiévales de la crèche, cette constellation du Lion sera représentée par Joseph, et celle de la Vierge par Marie. D'autres constellations plus petites sont aussi présentes: le boeuf et l'âne, la crêche même. Ceci en fait une aventure cosmique, une histoire sidérale de la naissance du nouveau soleil en route vers une nouvelle année zodiacale.  Pas de mystère, il ne s'agit que d'une histoire cosmique bien réelle. Il suffit de bien observer les étoiles, science dans laquelle les druides étaient réputés savants. Cette aventure du Soleil dans son cycle annuel offre une correspondance initiatique au cheminement de notre âme. Ainsi comme nous y invite la Tour de Yule, il convient de toujours conserver allumée notre flamme intérieure, notre force de vie, notre enthousiasme. De veiller à  ce qu'elle ne s'éteigne jamais. A l'instar du tabernacle dans une église chrétienne où sont conservés de "petits soleils", nous devons garder cette lumière perpétuellement allumée en nos coeurs.

Ci-dessus, shéma par FK druide Beg Hir, symbolisme de la Tour de Yule. La page bleue est normalement identique aux 3 constellations de la Petite Ours. Il s'agit juste d'y ajouter la représentation de l'animal "Ours", la polaire, l'axe du monde, la royauté celtique. 

Ci-contre à gauche, cette théorie de la crèche cosmique a été étudiée par Henry  Blanquart  et présentée dans son livre: "Les mystères de la nativité christique" - Editions Beauchesne, collection Feuilles/Révélations - 2016